58e à 59e sommets de 4000 m10 avril 2025 · Mont Rose
Une nouvelle saison reprend : turbo bambée en solitaire dans le Mont Rose
à skiLa trace
Distance et dénivelé d'après les traces Strava ; profil tracé depuis le GPS. Survolez la carte ou le profil pour situer un point le long de la trace.
Les données
Le 10 avril 2025 (début 9h18, fin 20h59) · à la journée
Sommets & itinéraire
Jour après jour
- J1Klein Matterhorn > Pollux > Schwarztor > Nordend > Zermatt
Topos et références
Le récit
Le moral vacillant des derniers jours m'a amené à décider, sur un coup de tête hier en fin de journée, de reprendre une quête qui était en veille depuis 8 mois...
Le compteur était effectivement resté bloqué à 57/82 depuis début août, et je rêvais de poursuivre cette quête de l'ascension de tous les 4000, si chère à mes yeux.
Dans le massif du Mont Rose, il m'en restait 3 sur les 18, malheureusement assez espacés les uns des autres. Avec un brin d'audace mais en étant suffisamment raisonnable, je me suis laissé imaginer que je pourrais essayer de rallier d'une traite et à la journée Pollux et le Nordend.
Et c'est ce qui m'a amené à cette journée profondément marquante : réveil 5h30, train direction Zermatt et propulsion sur les glaciers avec le téléphérique, pour entamer le projet à 9h20. S'ensuivront de longues heures, à me faire cogner par le soleil et le vent, à évoluer seul sur des glaciers gigantesques et des versants démesurés, et à prendre le temps d'une belle escapade.
La tentative sera un succès, avec bien sûr son lot d'imprévus et de complications, et Pollux (4089m) et le Nordend (4608m) seront bien ralliés d'une traite, au terme d'un gros effort physique, amplifié par l'heure avancée de la journée (soleil au zénith, neige ramollie...). L'émotion fut grande au sommet du Nordend (2e plus haut sommet de Suisse), mais le timing ne me laissera pas le loisir d'y passer plus d'une dizaine de minutes !
La descente s'annonçait en effet fastidieuse, et elle le fut d'autant plus que le petit sac de nourriture et la bouteille que j'avais disposés sur le glacier pour les récupérer à la descente ne s'y trouvaient plus (pas une mauvaise intention je présume, mais une très mauvaise surprise pour moi), et que la descente du Gornergletscher sera ponctuée de franchissements de torrents glaciaires (ça pique les pieds) et d'une gorge finalement jugée infranchissable, occasionnant un fameux détour. Ravi d'avoir pu descendre un glacier aussi sauvage, mais effaré de voir à quel point il est en piteux état alors que nous sommes en avril...
L'arrivée au crépuscule à Zermatt sera un moment de grâce et de grande légèreté : la lune se lève, j'arrive à destination, les jambes ont parcouru +50km / 2800m d+ / 4800m d- dans des endroits pas possibles et avec une vitesse moyenne plutôt honorable... Tout est accompli !