La Quête des 4000
Pente raide & lancer de ski dans le massif des Écrins45e à 46e sommets de 4000 m

19 mai 2024 · Écrins

Pente raide & lancer de ski dans le massif des Écrins

à ski

La trace

45 Barre des Écrins46 Dôme de Neige des Écrins0 km55.61 km4101 m

Distance et dénivelé d'après les traces Strava ; profil tracé depuis le GPS. Survolez la carte ou le profil pour situer un point le long de la trace.

Les données

55.61km
distance
5503m
dénivelé +
5598m
dénivelé −
2 j 04 h
durée
2
sommets
cotation
TD 5.2 E3 S5

Du 18 mai (début 8h34) au 20 mai 2024 (fin 13h16) · 2 nuits — Refuge des Écrins, Refuge du Glacier Blanc

Sommets & itinéraire

Les sommets

Jour après jour

  1. J1Pont d'Arsine > Pic de Neige Cordier > refuge des Écrins
  2. J2Barre des Écrins descente face N > Dôme des Écrins > couloir de Barre Noire > refuge du Glacier Blanc
  3. J3Montagne des Agneaux 4 faces (montée face SW, descente face NE, montée Réou d'Arsine, descente couloir Davin) > Le Casset

Compagnon de cordée

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Topos et références

Le récit

Pour ce deuxième jour de raid dans ce massif des Écrins que nous découvrons, l'objectif principal est de gravir la Barre et le Dôme. Bien évidemment, les conditions extraordinaires nous donnent envie de monter par le Coolidge et idéalement de descendre en pleine face N. Et pourquoi pas d'enchainer avec le couloir de Barre Noire, qui nous fait également de l'œil.

Tout a donc commencé gentiment en remontant le Glacier Blanc pour approcher nos deux sommets en ligne de mire.

La remontée du couloir Coolidge fut sans surprise facilitée par des conditions très favorables, et par la trace remarquable de nos prédécesseurs. Là où les choses se sont corsées, c'est dans la descente à ski en pleine face N. À peine 10m au-dessus de la rimaye, pris dans une posture délicate et entouré de rochers affleurants (dernière difficulté pour sortir de la face), j'ai sorti mes 2 piolets et cru bon de me débarrasser d'un ski devenu incommodant. Sauf que ledit ski n'avait pas envie de m'attendre 30m plus bas comme escompté, mais est parti comme un missile se perdre dans l'abîme de glace et de brouillard qui s'étendait sous mes pieds. La boulette était de taille. Et je me suis senti passablement stupide d'avoir agi aussi spontanément. Au vu de la topographie du glacier dans lequel était partie voyager ma spatule, véritablement satellisée, l'espoir de la retrouver était (très) faible. Et nous étions en plein milieu des Écrins, à 3900m d'altitude.

J'ai eu allègrement le temps de ruminer cette action irréfléchie en tentant de rallier le Dôme voisin (à pied du coup, épuisant dans toute cette fraîche...), puis Romain – en mode compagnon de cordée 5 étoiles – m'a prêté ses skis pour les derniers mètres menant au sommet.

Le miracle, c'est une descente de 600m d- sur un seul ski et dans des paquets de poudre, pour retrouver mon ski planté parmi les séracs et les crevasses, non loin de la trace de montée. Notre raid aurait pu être fini, mais quelque part au ciel, Patrick Berhault a dû intercéder pour notre cause.

Pour fêter cela, nous remontons quelques centaines de mètres, et finissons la journée en beauté avec ce fameux couloir de Barre Noire, en conditions exceptionnelles ! Bien meilleures que la face N de la Barre et ses nombreux rochers... Deux pentes raides pour cette journée, mais deux expériences radicalement différentes !